VOSS, Jan,
né en 1936 à Hambourg, Allemagne ; 1955-1960, Beaux-Arts de Munich ; 1960, s'installe à Paris ; épouse Hanlor, peintre ; 1987, enseigne aux Beaux-Arts de Paris.
Type(s) : Artiste
Technique(s) : Peintre - Sculpteur
Présentation : Des débuts, de 1961 à 1968, plus proches de Steinberg* que de Twombly*; parce qu'il est narratif, il se moque de la perspective renaissante; il n'est pas éloigné de certains artistes d'art brut*. Il présente ses dessins-graffiti, incorporés à la peinture en bandes superposées dans une dominante grise ou beige, 'Lettre de rupture', (1963). Les figurines se dispersent et parsèment la toile, A l'âge des paquerettes, (1965), ou s'incorporent à un composition de sémaphoristes et de livres minuscules, Lecture pour tous, (1968, Kunsthalle, Kiel). C'est un pop* de la miniature disposée sur des géographies départementales, L'Envol, (1970). Cela lui vaut d'être aggloméré à la Figuration narrative*. Puis il suit un itinéraire à contre-courant : il chemine vers la non-figuration* quand chacun retourne au concret. En 1972, il pose sur la toile des formes presque immatérielles, des fils multicolores répartis de manière équilibrée, comme des îlots équidistants. C'est la ligne polychrome, les contours triangulaires qui trace des elfes, des ludions translucides, diaphanement ombrés, dans une intrication toujours légère, des graffitis* arachnéens où le rouge, le vert et le bleu se côtoient. Cette ligne et cette triangulation demeurent la structure de ses oeuvres de plus en plus nourries, Sans titre, (1982, FMSP) ou Sans titre, (1983, MBATo) marquent encore la solution de continuité des taches multicolores sur le fond. De 1983 à 199, elles se rapprochent, se resserrent jusqu'à former un patchwork sui generis de triangles informels sur lesquels l'écriture de la ligne est superposée. Les taches, bigarrées, vertes, rouges, bleues, jaunes, sont reliées entre elles par des spiales, des arabesques, des entrelacs noirs ou de couleur pour le plaisir du geste allié à la couleur, sans préméditation autre que la construction. Il déchire des papiers " achevés " pour les reconstituer autrement en fonction d'une autre nécessité, Sans titre, n°1, (1984, FNAC). Il est à l'angle ce que Nay* a été à la rondeur. Il fait l'éloge du désordre de la diversité, de la rupture, en fragmentant un travail pour le reconstituer arbitrairement en un autre disparate. Vient, en 1987, la conquête d la troisième dimension par de grands reliefs des accumulations d'objets hétéroclites. Lorsque Johns* ou Rauschenberg* usent d'objets quotidiens à la seule fin de les montrer, Voss les organise en gonflements baroques; lorsque Stella* en fait des trophées lyriques, Voss les érige en dépouilles triviales de débris de menuiseries. Des collages en haut relief, il passe aux collages en bas relief; ce sont des papiers superposés en écailles puis recouverts de monochrome sauvegardant une légère touche d'une seul autre couleur, Lieu-dit, (1989) et Composition, (1991). Il n'abandonne pas pour autant la peinture à deux dimensions et grave, en 1994, ses arabesques de fils de fer sur des bois monochromes. La construction en carrés formels s'accompagne d'un graphisme aigu; celle en carrés informels d'un graphisme plus épais. Il amorce, en 1997 un retour à sa manière de 1972, en la chargeant plus. Mais c'est toujours du même vocabulaire qu'il se sert de la même grammaire, sans perspective ni centre, n'andonnant pas pour autant les toiles aérées, Remue-ménage, (2003). Il plaque certains de ses filiformes parmi lesquels apparaissent une ébauche de visage peints préalablement sur papier de couleur, puis collés, laissant les autres dessins-peints exister sur fond blanc, Spéculateurs, (2008), ou dans les cases d'un carroyage rouge, Casanier, (2008).
Expositions : 1962, Hans Baier, Mayence; 1963, biennale de Paris ; 1964, Le Fleuve, Paris ; 1989, 2000, Lelong, Paris, (P) ; 2008, Figuration narrative, centre Pompidou, Paris, (G) ; 2010, Hôtel des arts, Toulon, (P).
Rétrospective : 1978, Arc, Paris; 1991, Musée des Beaux-Arts, Toulon.
Lieux publics : 1990, Mur au n° 4, rue de Metz, Paris 10e.