TABUCHI, Toshio

né le 15 août 1941 à Tokyo, Japon ; 1961-1967, Beaux-arts de Tokyo chez Ikuo Hirayama*; 1967, voyage au Nigeria et en Italie ; 1970, enseigne aux Beaux-arts de Tokyo dont il est vice-recteur et aux Beaux-arts d'Aichi ; 1979, 1980, voyages en Chine pour y voir les fresques rupestres boudhiques ; 1985, élu à l'académie des Beaux-arts ; 1996, 2000, voyages au Vietnam ; 1998, au Mali

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre

Présentation : Formé à la technique du Nihonga*, il l'appliqe aux sujets non seulement traditionnels mais aussi occidentaux. Etrangement, sa première oeuvre retenue Eau, (1966), ne relève ni des uns, ni des autres; malgré ses transparences de couleurs brune longuement roulées, la toile est sombre, presqu'expressionniste* et n'est éclairée que par la blancheur d'un pont à l'arrière-plan. L'année suivante, au Nigeria puis en Italie il découvre la peinture à l'européenne. Fleurs yoruba, (1968), bouquet informellement composé, placé devant une frise de triangles. Plus, 'Fillette yoriba' introduit une figure en premier plan sur fond aquatique. Avec Océan d'arbres à Aokigahata, (1969), il refait un pas vers la tradition, tout en se disant influencé par la peinture italienne, monochrome vert d'eau qui s'évanouit dans le blanc et jusque Premiers signes printaniers, (1977), il garde et cette couleur subtile et cette dualité entre le fini et l'inachevé. Dans la tradition, travaillé cette fois de bord à bord, Temple Kiyomizu, (1979), enchaîne le bâtiment et les frondaisons dans un même pourpre. Qui dirait que Terre nourricière, (1983), Shiva dans sa roue, ou Promesse, (1985), jeune fille apeurée laissant tomber sa chemise, sont dus à un artiste japonais ? Ce sont les premiers témoignages de l'universalité de représentation qu'on retrouve à différentes époques comme dans ses vues urbaines du Vietnam, Témoin des temps, (2000), bicyclettes, roues dans roues, limitées au profil de l'engin et de l'usager, en transparence donc, devant des enseignes partiellement colorées ou 'pontons', (1998), entrelacs de mâts sans voile, de traits secs, en grisaille. Instant, (1989, au nihonga et 2007, à l'encre de Chine), les gratte-ciel dans la nuit bleue, 'Par la fenêtre, images de voyage', (1999, 2004), qui rôdent autour du précisionnisme*. Les sujets traditionnels ne sont pas pour autant délaissés, même s'il accentue les perspectives, 'Chemin', (1986), ou reprend les plans resserrés de la végétation, Brise dans les feuillages, (1988). A compter de 2002, il adopte un medium nouveau, l'encre de Chine; en couleurs, surout le bleu pour les les nocturnes urbains piqués de petites lumières, d'étoiles ou de feu d'artifice, noir et blanc. étant spécialement réservé pour des paravents; à 4 feuilles Trois floraisons en fête, (2005, musée Ménard), qui rassemble arbitrairement les floraisons du prunier en février, du cerisier en mars, et du pêcher en avril, chacune durant dix jours et laissant le sol couvert de pétales emportés par le vent; il rend la subtilité d' arbres apparaissant dans un environnement que l'on prendrait pour de la neige; "l'éphémère est éternel," comme dit Michel Seuphor. Le papier de chanvre non traité , l'encre mêlée à l'alun, rendent difficiles le glissement du pinceau qui semble se contenter d' effleurer la feuille pour y déposer les végétations, les effets d'eau, la fuite des nuages, sur 12 portes coulissantes, peintes recto-verso, soit 24 oeuvres, ( 2002, temple Eihei-ji). Il jette des ponts entre les cultures, il est un 'pontife'. Depuis 1981, il est aussi graveur.

Expositions : 1966, Okura,Tokyo, (G) ; 2007, L'Âme actuelle du Japon,  Mitsukoshi-Etoile, Paris, (G) ; 2008, Mitsukoshi-Etoile, et Tokyo, (P)