Dictionnaire des arts plastiques

LAURENS, Henri

né le 18 février 1885 à Paris, France, fils de Jean-Paul Laurens et frère puîné de Paul-Albert et de Jean Pierre Laurens*; apprenti chez un décorateur, puis chez un sculpteur de pierre; et pour le surplus autodidacte; réside à La Ruche*; 1954, meurt à Paris, le 5 mai.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Peintre - Sculpteur

Présentation : Sa rencontre avec Braque*, en 1911, est déterminante. Il stylise d'abord, Portrait de Marthe Girieud, (1912) aux méplats et à la chevelure abrupts, puis il entre en cubisme* sans restriction, avec des collages en lames de couteau articulées, des constructions de polyèdres, planchettes, cubes, cônes, sphères, exprimant le mouvement de la figure humaine, Tête de femme, (1915, MoMA et 1920, MNAM) ou Femme au compotier, (1920, MNAM°.Clowns et danseurs deviennent tout naturellement son sujet de prédilection, Clown (1914, MNAM). Ses bas-reliefs de terre cuite colorée (1918-1948), plus statiques, traduisent sur la surface la diversité des facettes de l'objet, Instrument de musique, (1928, Vd'A). Dès lors, la femme sera son unique sujet. Ses premiers blocs sculptés apportent au cubisme sa troisième dimension, ces facettes simultanées imaginées deviennent réalité. Il est attaché à un certain sens ornemental : ondulations en guilloches pour les chevelures et décorations en accordéon. Il est contemporain de Léger*. On est en 1928. Puis le style par lequel il est connu apparaît, cubisme angulaire, Océanide, (1933, MNAM), Cariatide, (1933), mais surtout maniérisme, la femme aux croisements de membres compliqués, aux souplesses élégantes, aux palmes d'otarie tendues vers le ciel en lieu de mains ou de pieds, Grande Musicienne (198), Grandes Baigneuses (1947), Automne (1948, MNAM, Paris). L'ensemble forme cependant une pyramide ajourée dont la structure gomme quelque afféterie dans laquelle on note des morceaux venus encore du cubisme. Durant la guerre, de 1939 à1942, influencée par le poids des jours, sa sculpture se replie sur elle-même, la femme fait bloc contre l'adversité, n'offrant aux coups du sort que les rotondités d'un corps dans lequel elle enfouit la tête, Adieu, (1941), ou, au contraire, se dresse, lourde encore des épreuves subies, Matin, (1944). Il est un ingresque de poids. Dans les années 50, il y a un certain nombre de statues qui rappellent dans leur dépouillement l'art nègre Sénoufo, Jeune Soeur, (1949). Enfin, l'artiste graphique, de 1949 à 1951, développe une trouvaille lorsqu'il double sa figure monochrome jaune d'une ombre grise superposée et non portée, emportant la dualité des plans et la troisième dimension sculpturale.

Expositions : 1998, Louise Leiris, Paris, (P).

Rétrospective : 1951, muséed'Art moderne de la ville, Paris; 1993, musée d'Art moderne, Villeneuve-d'Ascq.

Musées : Musée national d'art moderne, Paris, 200 pièces.

Fiches liées : ADAM-TESSIER, Maxime GEILLE de SAINT LÉGER, Léon, LAURENS, Jean-Pierre LAURENS, Jean-Pierre MENNESSONS, Jacques RUCHE, LA