DELARUE, Léo

née en 1956 à Paris, France ; enseigne aux Arts décoratifs de Limoges et à l'École d'architecture de La Villette, Paris.

Type(s) : Artiste

Technique(s) : Sculptrice

Présentation : Toute forme est objet de sculpture. La biologique ou la botanique. En 1993, elle abandonne le matériau lourd zinc, acier, ciment pour des matériaux malléables, le plâtre, le latex la résine et le silicone. Elle est désormais, la reine du compact et du ductile. Elle est en harmonie avec les théories du psychanalyste Charles Baudoin. Elle sculpte tous les visqueux; les glaires, les viscères, les oeufs, les anguilles, les huîtres. Ses titres ne trompent pas : Méduse, Humeurs, ... Elle obtient des objets aux formes inconnues, puisqu'elle fige les matières auxquelles elle se réfère. Elle fait grand usage de l'ovale, dessiné, ou découpé en carpettes. Mais l'ovale lui-même n'et-il pas forme originelle? Plus rarement, elle dessine au fusain avec des solutions de continuité qui tiendraient la place des couleurs claires chez Manessier* ou une chevelure de Gorgone, Sans titre, (1998), avec les lacets roses et noirs enserrant des gouttes blanches. À la fin de ces années 1990, elle marie le latex rouge pâle emmanché sur plâtre blanc pour des formes tout aussi végétales que biologiques, voire quotidiennes : n'est-ce pas un extincteur domestique? Rouge, doubles, mêmes et autres (1998), ne sont-ce pas des liserons monstrueux? ou (même titre, même date) ne sont-ce pas des liserons monstrueux ? et De Passage, (1999), des nénuphars géants ? Sur des pièces consistantes en plâtre, elle pose un entrelacs de fils de silicone, Préambules, (2001), masse recouverte de seins menus comme la Venus d'Ephèse, supportant un déroulement de fils de silicone. Elle affectionne les objets suspendus, armature de fils d'acier, revêtus de silicone, ruban s'élargissant en corolle de bas de robes, Longue balancée, (2001). Ou plus délicatement, Ivresses, (2001), 22 verres à pied s'épanouissant avec une fleur de silicone rosé. Le plâtre, immaculé lui sert à des chutes de dents ou de carottes, Déracinement, (1995), à des branches épineuses, Cadenas barbares, (1996). Si elles ne sont pas suspendues, ses oeuvres sont posées à même le sol, par modestie du refus du socle. Même ses petits formats, de même inspiration, plus féminins peut-être, plus replié sur eux-mêmes, avec des protubérences de têtons, des orifices vulvaires, des masses embryonnaires, (2004).

Expositions : 1988, Salon de Montrouge ; 1990, Jorge Alyskewycz, Paris (P) ; 1997, 2004, Zurcher, Paris (P).

Citation(s) : Elle a dit :
- Il faut que l'objet soit empreint de réminiscences, sinon ce n'est qu'une image.