HYPERRÉALISME
Type(s) : Mouvement
Présentation : Style né en Californie et à New York, vers le milieu des années 60, d'une génération d'Américains ne dépassant jamais 40 ans et étant, pour la plupart, proches des 20 ans. Il apparaît après le pop art*. à où Lichtenstein* ou Warhol* avaient saisi l'objet dont on usait dans la publicité ou la bande dessinée pour le changer de cadre et en faire une oeuvre d'art au second degré, les hyperréalistes* élargissent encore le champ de la réalité pour la saisir dan son ensemble, comme peut le faire un objectif de caméra. Techniquement, ils se réclament de la photographie, soit qu'ils en usent en les projetant sur la toile à peindre, soit qu'ils s'inspirent des moindres détails que l'objectif peut saisir. Esthétiqueent, leur intérêt se porte de préférence sur le quotidien que l'oeil ne voyait plus, tel qu'il éclôt dans la société de consommation urbaine : la voiture superbement nickelée ou sauvagement broyée, les néons et autres enseignes, le monde du sport et du loisr, peu celui de l'érotisme, tué qu'il est par cette civilisation du confort, et les grands ensembles urbains. Se trouvent peints pour la première fois des sujets qui n'avaient pas pu l'être naguère, pour la simple raison qu'ils n'existaient pas encore. Le caractéristiques des artistes sont souvent interchangeables. Ce peut aussi bien être un méchant chromo (Richard Mc Lean) que l'illusion d'une photo couleur (Malcom Morley*), un flou optique (Robert Bechtle) qu'un rendu impressionniste (Ben Schonzeit), lareproduction d'une photo sépia (Paul Sarkisian) qu'un agrandissement considérable d'un gros plan de visage (Chuck Close*), un trompe-l'oeil (Stephan Posen), ou encore la " copie " d'un sujet classique (André Flack); la plupart du temps, c'est l'illusion phtographique transfigurée par les ombres arbitrairement accusées (Richard Estès*, Paul Staiger ou Ralph Goings) qui rendent, malgré le soleil nécessairement présent, l'impression d'un monde glacé dont l'homme est absent. Le phénomène fait long feu : après aoir connu un décollage fulgurant, des cotes atteignant celles des plus grands de l'époque, et les honneurs des galeries et des musées, vers le milieu des années 70, on cesse de s'intéresser à eux et peu de musées les présentent encore. Ce sont leurs épigoes qui survivent, s'étant inspirés de ce retour à la réalité mais y étant intervenu pour le marquer de leur style. On peut voir un précurseur en Frédéric Remington (1861-1909) qui traduit de manière photographique, en noir et blanc, la fin de la ruée versl'ouest et dont de nombreuses toiles sont à l'Art Institute de Chicago. Une seconde vague voit le jour à la fin des années 90. Mais, au contraire de la première génération qui part de l'image, cette seconde génération part de la réalité et atteint la photgraphie - Brooks* et Helnwein* en sont deux illustrations. À leur égard, on peut parler de photographisme*.